Le signe (1)

L’alphabet

 
Les masculines
b ablado La pierre
d adurr Le rang
g agnvi L’épée
ho thori La largeur
q tiqri Le cri
y uyur L’obstacle
z izirdi La mangouste
Les féminines
p lpumpa La pompe
t tusut La toux
c aclim Le son
h lhara La cour
x afrux L’oiseau
k akrmus Le cactus
s asif La rivière
Les CC larges
do adou Le vent
so asourdi Le sou
zo arzo La guêpe
Les veuves
f afus La main
l ils La langue
m imi La bouche
n inisi Le hérisson
r tarvla La fuite
Les voyelles
a tayrfa Le corbeau
i ifri La grotte
u ulmu L’orme
Les compressions
co coina L’orange
dt adtan La maladie
go Goiq J’ai laissé
qo Iqour Il est dur
to Avito Prend-la
w Zwaq Il est rouge
Les semi-consonnes
e aebbudo Le ventre
j ajur le mois
v avraq l’or
En tout : 3 voyelles, 3 semi¬consonnes, 7 masculines, 7 féminines, 3 larges, 5 veuves, 6 compressions
1. La féminine f a pour pendant le v français, inexistant dans l’alphabet kabyle : aucune racine ne le mentionne. Elle est donc veuve. Un exemple : dans le mot lqobz (lqofso, cage), le f est masculinisé en b, et non en « v » français.
2. Sauf exception, les compressions co, go et to se rencontrent en début et en fin de mot. En milieu de mot on écrit tout simplement cc, gg, tt

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Le souffle

Pour être entendue, une consonne doit être propulsée, « soufflée ». C’est le souffle qui permet à la consonne de « sortir », d’être perçue.
Aucune consonne n’est prononcée sans être soufflée.
La consonne est propulsée par le souffle qui la précède, jamais par celui qui la suit : ab, ac, id, uz … La consonne « clot » ainsi le souffle qui la propulse.
On distingue deux sortes de souffle : le souffle neutre et la voyelle.
A la différence de la voyelle, le souffle neutre n’est pas écrit. Il n’apparaît donc pas dans un texte 1.
Le souffle neutre propulse la consonne non soufflée par une voyelle. C’est l’équivalent de sukun chez les arabes. Toute consonne non précédée d’une voyelle est donc soufflée « à vide », c’est-à-dire par un souffle neutre.
Dans Sliq (j’ai entendu), la consonne s est soufflée « à vide », n’étant pas précédée d’une voyelle. Même chose pour la consonne suivante (l). Par contre la consonne q est soufflée en i (iq)
Dans Isla (il a entendu) la consonne s est soufflée en i, et la suivante (l) est soufflée à vide. a constitue la voyelle de fin de mot.
Quand deux mots sont prononcés d’une traite (sans arrêt entre les deux), une voyelle de fin de mot peut servir à propulser la consonne de début du mot suivant : dans nema Tqab si lsuaqo, le t de Tqab est soufflé par le a de fin de mot de nema.
Un souffle neutre ne peut ni constituer un mot ni le terminer. C’est un non-sens.
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1.Exception : le signe diacritique o peut être utilisé pour séparer deux CC identitiques consécutives pour éviter qu’elles se prononcent comme une même CC comprimée. En particulier les « veuves » : ilol (la mer)
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La voyelle « a »

a est la particule de l’affirmation en conjugaison de VB (ad, aii akk…), par opposition à la VV u (ur), utilisée pour la négation.
a est la seule voyelle qu’on peut rencontrer en FM dans les noms pluriels (tilufa, tiliua, isufa).
En début de mot dans un pluriel, elle est toujours résidente (et non greffon) : allaqn, aerabn, uzzaln, uravn ajurn, arujn. Ce qui est aussi le cas de la voyelle u, mais non de i. Règle valable aussi au féminin pluriel : taqmiuin, tuzzalin tullas tuqora tuna taqratin
A la différence de i et u, a ne termine pas les VB au présent (ussid), au futur et à l’injonctif.
Quelques exceptions :
Go, Tagga
Rr, Tarra
Mdoaqa, Tmdoaqa
Fa, Tfa
Zoall Tzoalla
Contrairement à i et u, a ne se consonnise pas (elle ne se durcit pas pour se prononcer comme une consonne)
Quand elle rencontre i ou u, elle les consonnise, quelle que soit sa position (avant ou après) : Ituaq, idflaun, aqobaili
Située entre 2 voyelles (i et u), elle les consonnise toutes les deux : izirdiaun
Phénomène purement oral, on la rencontre « allongée » en prononciation, dans la contraction de « ar a » : [vin aad Iasn] pour vin ar a-d Iasn. L’allongement de a exprime en fait l’éclipse de la consonne r de « ar a »
La consonne la plus proche de a est le e « kabyle »1, comme j l’est pour i et v pour u
La voyelle a peut se prononcer « large », comme le a français. Au besoin, pour rendre les mots étrangers, on mettra un accent (â) : tâbla.
a est « la voyelle du cri » : c’est elle qui propulse i et u quand elles sont « criées » avec une certaine force : !! ulac se prononce [avlac]
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1. le « e » kabyle se situe entre le a et le e français. Il est différent du « ein » arabe.
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La voyelle « i »

Moins forte et moins stable que a et u, elle est considérée comme une voyelle féminine.
Elle est utilisée comme « particule de révélation » (d va i…, ii ik is iq) : elle fait la jonction entre une expression incomplète et son complément dans la phrase. La partie de la phrase introduite par « i » est grammaticalement en position de complément par rapport à la première partie (d idurar i d lemr iu).
La voyelle i ne termine pas un NN pluriel. On dit quand même lmuagi lbdoahi lhuari (pluriels arabes). Exception : lqaci, qui n’a pas de singulier (nom imparfait).
La VV i est ordinairement tasarbt quand elle précède le NN : Ewln i udrar n nif
tasarbt i peut signifier « et » dans les formes interrogatives du genre « ? i tmqart, amk Ttili«, et la vieille, comment va-t-elle ?
ir : est prononcé [jir] sauf s’il est conjugué (dirik, dirit diri aq, dirikon…) : ir asqar ur Itlqoim
id (idi idk idnq…), is (isi isnq isnt…) sont prononcés [jid…, jis…] quand ils viennent après le VB
Précédée ou suivie d’une autre voyelle (u, i), elle peut se consonniser en [j]: aqobaili iqobailiin. Au voisinage de a, elle se consonnise toujours.
La VV i est plus encline à se consonniser que u : abrui, anqlui, alui1
En greffon de FM dans les VB, la suite ii est prononcée [iji] : ii, ii-d ii-n, Ivtii, Tnnidoii, Avii, Inii
Dans les NNF en « t_iin« , elle se prononce [iji] : tiqobailiin, tivadoiin tiuaqiin (tavadoit, tauaqit…)
Dans tihdaiin, tieqoaiin (les filles, les graines) c’est le i du milieu qui subit la consonnisation, ce qui est logique : il est situé entre 2 VV.
Dans certains emprunts en __ia, la voyelle i peut être « surconsonnisée » dans l’oral en [y] : zorudia trbia tebia lefunia lhmuria zubia lxdoubia. Dans ces emprunts, elle est prononcée [y] plus par commodité que pour une raison grammaticale.
Elle peut être consonnisée par le voisinage de e : leiud leiub, « azyr Ieqol ymas »
Quand elle est criée fort elle peut se prononcer [aj], étant propulsée par la voyelle a (qui est la voyelle du cri).
le i de révélation ne doit pas être doublé : « d kco ivumi Fkiq » et non « i kco ivumi Fkiq »
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1. Céder à l’oral et écrire abruj, anqluj, aluj… ?

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La voyelle « u »

u ne termine pas un VB au passé (exception : Iru Itou)
u ne débute pas un VB au présent (ussid) et à l’injonctif (exception : Urar Uzur Ulvu Uqal1)
Quand elle débute un nom à l’état libre, la voyelle u est toujours résidente (et non greffon) : uevig, urav, uzzal. Et elle se retrouvera donc au pluriel : uevign, uravn uzzaln. Idem pour la forme féminine tu__ : tubbit, turt/turin, tullas, tuna, tuddar
La voyelle u ne commence ni ne termine un nom féminin.
Comme la voyelle i, u ne termine pas un nom pluriel.
Se rencontre dans la forme en tu_ des VB à la forme subie : Tuaqq Ttuaqdo Ituaq, Ntudolm Itumhhn…
La voyelle u peut se consonniser en v : tiliua, ulaun, tiryua luafe
Quand elle est criée fort elle peut se prononcer [av], étant propulsée par la voyelle a (qui est la voyelle du cri).
Comme pour i, la voyelle u peut être consonnisée par le voisinage de la semi-consonne e : Muhnd u Eli
à l’inverse de a (ad ak aq avn…) la voyelle u est intégrée dans des mots en rapport avec la négation : uala ulac mulac mur uama urgin urvala (uruala ?) uhou uma (uma Riq) uanay, ur …
Elle peut exceptionnellement se prononcer « large » pour rendre le o français2 dans les mots étrangers. On mettra au besoin un accent (û) : tûmubil, tûmatic.
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1. – La forme originelle attestée ailleurs est Qol, et non Uqal
– la VV u paraît superflue dans la forme Uksanq Tuklaldo Iurga : on dit Ksanq Tklaldo Irga
2. En cas de besoin, et seulement si on ne peut faire autrement (homonymie par ex.), on peut rendre les sons larges (a, o, é français) en coiffant les VV a, i, u :
â pour rendre le a
û pour rendre le o, au, eau. On peut aussi bien utiliser « au » [av]
î pour le é, è, ê, ë, ai… On peut aussi utiliser « ai » [aj]
L’utilisation des accents doit rester exceptionnel pour ne pas encombrer l’écriture avec des signes diacritiques.
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