Le signe (4)

tuggal, les veuves

A part la féminine « f« , les veuves sont des masculines qui n’ont pas de pendant féminin, n’étant pas intégrées dans une paire.
Elles ne sont pas sensibles aux influences et aux contagions.
Le signe diacritique o n’a pas d’effet sur elles, même s’il est utilisé à l’occasion pour séparer 2 veuves consécutives pour éviter qu’elles se prononcent comme une même consonne comprimée : tifilolst, ilol (l’hirondelle, la mer)
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La consonne « f« 

En vocabulaire : plutôt favorable, haut : Af, Afy aflla Flali ifirs afus ifrr tafunast afrux, Qzzif (tqzi + f)
f est une féminine. Son pendant masculin logique est le v français, inexistant dans la langue kabyle. La consonne la plus proche chez nous du v français étant le b « léger » (abrnus, aqobaili…).
Vocabulaire : if : nif if Nshbibir, lelam if Golnt tulauin : on dit if et non fi.
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La consonne « l« 

La CC l est diversement prononcée par les Amazighs : l, j, g r. Ce sont les « accents ».
En vocabulaire, l1 : accentue, multiplie : idolli llina sllaskka sllidolli sllilindi Dlvh (duh Dwh) idlviqon (les haillons)
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1. Abus et exagérations :
aryaz inm la Ixdtb, la Isutur, la-d Qoarq… (pour a Ixdtb, a Isutur, a-d Qoarq). l est introduit un peu partout comme particule même quand rien ne le justifie. Ce phénomène doit être circonscrit à l’oral : on écrit a Ixdtb et non la Ixdtb.
limr alarmi, lamci, ladqa : on écrit imr armi (tirmt tiram) macci amar mar, mur (mi+ar, mi+ur) imi imir, dqa… Par contre on écrit alama (ala+ma)
– L’emploi de l n’est pas justifié dans : afrmli pour « infirmier » puisque la racine du mot (infirme) ne contient pas la lettre l. L’orthographe afrmji est donc plus conforme. Même chose pour « taqoladt » (lqoid, lqoaid, Qwd) : taqoiadt est plus conforme quel que soit l’accent régional.
iqil pour iqi (« iqil ad Indu Ifru » pour « iqi ad Indu Ifru »)
Intégrée dans les NN verbaux et d’état : ilmzoi, almmas (tmzoi, ammas), aylzim (pour ayzzim, outil de découpe), alxxax (ixan).
l durcit g (lgiran, lgnun, lgib Elgia Lguhor, tous des mots de type arabe), et t (tazoult, tanalt, taftalt)
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La consonne « m« 

amzzouq, tamuqli
En vocabulaire :
– action (faite ou subie), relation… La consonne m est très utilisée comme particule, greffon, implant : amrrzou, Msli (m +VB Sl), imdukal (tadukli)…
– interrogation – condition : mlmi : Ml (indiquer) + mi (le temps),  ma, mi (condition) : mi imi imr amar asmi mulac mur (ma + ur) armi alama…
Dans certaines formes, ma peut être utilisée pour la négation : s Rbbi ma Tfkaii tizi (pour dire s Rbbi ur ii Tfka tizi)
Comme pour toutes les veuves, le signe diacritique o n’a pas d’effet sur m.
La CC m ne se double pas pour le même son en DM et FM. On écrira donc  tsmm (acidité), Tqoimdo Tqoimm Tqoimmt… le premier « » est radical, le deuxième est greffon de conjugaison
Altération : Sudm (baiser) est dit Sudn en kabyle
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La consonne « n« 

inisi, iniqm, tiniri
n est le greffon du pluriel pour les noms (amqar, imqarn) et pour les verbes (Nwi, Slan). Se rencontre en fin de mot dans le VB arbib (abrid Iryln). Comme particule, tasarbt : a tahccadt n ubrid
C’est l’une des consonnes les plus utilisées dans la langue kabyle. On la trouve partout. A manier donc avec précaution.
La consonne n ne se double pas pour le même son, ni en début de mot ni en fin de mot1. Ainsi 2 n qui se suivent en début ou en fin de mot se prononcent toujours comme 2 consonnes distinctes et non comme une consonne comprimée  : Nna, Nnuq Nnuda   Nnufqo Nngla (nous avons dit, combattu, cherché – nous nous sommes rebellés, exilés), lqouann, imdann isnnann, ifnnann, Qonn (ils ont attaché)
Dans le VB, quand elle est suivie d’un greffon (ii k t to kon kont tn tnt), elle est toujours considérée comme consonne de fin de mot, donc non doublable pour le même son : Uznnt, elles ont envoyé, Uznntii, elles m’ont envoyé
tasarbt n est parfois sous¬entendue (d tuffirt) : ism iu (pour ism inu), Inna aq (pour Inna anq), aval ik/im/is (pour aval ink/inm/ins).
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1. On écrira quand même nniy, nnq
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La consonne « r« 

En vocabulaire : rond, retour –  tarzft, adrar, Rr, aerur, anrar urar amrar
Est souvent prononcée large1, surtout en présence de certains consonnes : do, dt, so, zo, q, qo, x : arsdo aqorru taruzoi asqar Rxis arzo ardtal
Est parfois occultée en prononciation dans « ar a » : sa présence en « uffir » se traduit dans l’oral par un allongement de a (ain a’kk Isfrhn).
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1. Même si elle est présente dans de rares exceptions, la CC r « large » n’existe pas comme consonne à part : elle est élargie ou non au gré de son environnement. Le phénomène se retrouve en français et dans d’autres langues : dans « réfrigérateur » le troisième r est « large », mais pas les autres.
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