Le signe (2)

La consonne « b« 

ibiv, tabrat, abrnus, abzim1
En vocabulaire : amplifiant, approximant, parfois péjoratif. Est utilisée pour donner une consonnance approchante¬approximative (abrzyzav, abrqoac)
Comme implant, fait la distinction entre VB et NN d’action dans : ayus-Bys, taddart-Bdr, adud-Bdd, azuy-Bzy, Ls-lbsa
La consonne b est durcie par :
– le doublement¬compression : tasbbalt
– le voisinage de la consonne m quand elle la précède : tambult
Le pendant féminin est : p (tapupit lpumpa apulis)
La CC b n’est pas modifiée par le signe diacritique  « o ».
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1. Si dans les langues européennes la parenté v-b est manifeste (livre-libraire, fièvre-fébrile, lèvre-labial love-lieb, travail-trabajo…), le b kabyle n’a aucune parenté avec le v français, même quand il est prononcé doux. La raison : il n’existe pas dans les racines de la langue kabyle. On écrira donc b même pour les emprunts avec un v dans la graphie d’origine : lbista pour « veste »,  tabalizt pour « valise »…
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La consonne « d« 

adrar adfl adqs adrum adrim adabu tadamsa tadimt taduli adqr
En vocabulaire : bas (Dlvqo Drvc Dlvh Dbdb Dumbs)
Fait la distinction entre VB et NN d’action dans : Zdq-tazqoa, Cllh-acdluh
Dans la phrase, d peut être :
tasarbt (induit l’état de dépendance) : aryaz d tmdtut, amqoran d umzoian
tahddart (n’induit pas l’état de dépendance) : tisusaf d aman
– particule de l’indéfini en conjugaison de VB1, par opposition aux conjugueurs ii, k, s, t ,q vn… (ad Aviq # as Aviq).
Le pendant féminin est : t (itbir, atmu)
Formes composées de d :
        – do : adoar, adou
        – dt : qui exprime :
                    – le féminin (d + t, do + t) : aqwad-taqwadt, iqid taqadt, asbbado tasbbadt ajazido-tajazidt
                    – la compression do + do (Udonq/adtan, Idolm/dtalm, Idoef/dtefan)
A signaler un « glissement » dans l’oral vers do dans Ebdolla, agdid/tagdoidt, agrid/Grrd/Grdo
La parenté d/do apparaît aussi dans la suite Ffr dffir Dofr dtfr
La CC d est parfois occultée dans Ldi, prononcé [Lli] dans certaines régions. On dit aldai (ouverture) et non allai. A rapprocher de alda, qui ne sort que quand la bouche est ouverte.
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1. le d de l’indéfini ne concerne que le futur, il n’est pas utilisé pour l’action accomplie.
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La consonne « g« 

En vocabulaire : périphérie, long, mouvement.  igifr agrmuqo igallavn agar (lgar), agndtido, Agv, Go, Gfl, agarn (accarn en plus fort, crochets)

Dans les mots de type arabe elle est souvent prononcée dure (accentuée) sans pour autant être comprimée. Surtout quand elle est précédée de n, l : lsfng lgavi, lgame, lgib, lhag, lhaga, lgar, lgnas, lgnun, Lguhor, Elgia, lgir, lgdra, lghod. On ne double pas dans l’écrit.

Le pendant féminin est : c (aclim, iccv, amcic)

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La consonne « ho« 

Assez peu utilisée dans la langue kabyle. Elle est même occultée dans  Ebdolla lfakia Illu adrim Cabi (Itak cba, Cbiq), Baia (pour Bahoia), udai (pour Jahoudi)1
Sert à circonstancier l’action : iho ahoa ihoi uhou ahoat
Consonne à manier avec précaution dans la construction de nouveaux mots, au moins dans sa forme comprimée, tout comme h.
Ne se double pas pour le même son (hoho se lit comme 2 CC distinctes).
ho se comprime en hho (tandis que h se comprime en hh)
Le pendant féminin est : h (ahmmal, lhara, lhif, uhric)
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1. Exemples qui doivent nous inspirer, en écrivant par ex. lqoava (café) : le « ho » ne fait qu’alourdir le mot. Il faut se dire que rien ne nous oblige à être « conforme » à l’arabe.
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La consonne « q« 

aqrum, aqrda, taqadt
ne se double pas pour le même son : quand deux q se suivent en écriture, ils se prononcent comme deux consonnes distinctes et non comme une même consonne comprimée (Uqq, j’ai pris, Suqq, j’ai crié)
q se comprime en qo : Rq urqu Rqo, Nq Nqo, Mqi Mqoi…
Pendant féminin : x
Altération : la consonne q est parfois féminisée en x : aqam [axam], iqf [ixf]
qr, qf : dans l’oral on occulte parfois le q, qu’on assimile à un SS neutre : r, f, flli, fllas if. On le prononce quand même dans qur, quri, acuqr
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 La consonne « y« 

iyr ayu ayus ayudu iynni
En vocabulaire : action, force : Y (faire) Ym (croître) Ayom (puiser) Ylu (aller)
Pendant féminin : k
La consonne y est parfois féminisée en k : tiyli (de Ylu) est prononcé [tikli]
Le son [y] peut être obtenu par la compression de j (ejju, la fatigue), parfois même de i (di et si se prononcent [dy, sy] quand ils sont suivis d’un NN débutant en VV)
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La consonne « z« 

azrm, tazra, izi (ne pas confondre avec izoi, la bile)
En vocabulaire : stabilité, résidence.
Est parfois « déformé » en g : imgan ( pour imzzouqn)
Peut se durcir en (sur)compression : taezzult, Yzr-Yzzr, Bzy-Bzzy, Bzr-Bzzr
Pendant féminin : s
Le son z dans is-d, isn-d (prononcés [iz¬d, izn¬d]) est le résultat de la masculinisation par contagion de s, du fait de la proximité de la masculine d
On écrit Lzair non Lzzair : la CC est accentuée mais pas comprimée.
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La consonne « c« 

En vocabulaire : contenant, superficiel (aclim, iccr, iccv, amccim aculido iclm axclav ackkar Cirrv Clibdo), péjoratif (acolmqar)
Pendant masculin : g

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La consonne « h« 

Comme e, h se rencontre surtout dans les mots de type  arabe : lhcic, lhnni, lmhna.
En vocabulaire, plutôt négative : ahbanado, ahzruqo, Mhzvir
Ne suit ni ne précède la masculine ho
h se comprime en hh (tandis que ho se comprime en hho)
Consonne à éviter dans la construction de nouveaux mots. Sinon éviter la compression.
Pendant masculin : ho

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La consonne « k« 

Krs Kms Krz Kk Knu Knf ikn Akor Krf akrmus akal
La tradition orale a bien malmené la consonne k ! Il lui arrive même d’être prononcée v : yaravn yaravnt pour yarakon, yarakont1
– On écrit Krz/takrza, Krs/tikrsi, Kms/takmust, Ks/taksavt (non tajrza tijrsi tajmust tajsavt)
tiyli (Ylu) et non tikli (féminisation de y)
Vt/Kkat/tikita [tijita]
Pendant masculin : y.
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1. avn nvn nvnt/akon nkon nkont/ konvi konmti
akosar Istkosr, tvsr (tkosr ?)
asavn : asakon ? > takana : taerict, chambre haute
Skudtf > askdouf [azkdouf] avdtuf (akdtuf)
Vt Kkat tikita Mkti tikti (Ivt-d s aqorru iu)
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La consonne « p« 

Lpari, apapaso (pape) tapupit lpumpa tapucidt
Aucune racine kabyle ne contient la consonne p, mais rien n’empêche de l’inclure dans les nouveautés, les emprunts
Traditionnellement on dit abulis, gugdbbi (policier, juge de paix)
Pendant masculin : b.
Comme toutes les veuves, la CC p n’est pas modifiée par le signe diacritique « o« .
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La consonne « s« 

asif, sksu, asrval
En vocabulaire : faiseur, outil. L’implant s se retrouve dans les NN d’action : Yni, tisynit, Qon asqun
Ne pas confondre tahddart s (vin Ivt lazo s aqorru) et tasarbt s (Wiq-d asfru s tqobailit)
A la manière de la consonne z, elle est parfois surcomprimée : Fsi Fssi, Fssr, Xssr Hssb, lisse (espace)
Masculinisée en z dans is-d isn-d [iz¬d, izn¬d] à cause de la proximité de la masculine d
On écrira lasuqo (non lazuqo) pour respecter la racine (Lsqo lsqoa). Idem pour askrun (et non azkrun) : verrou, pour fermer (Skkor)
Ne pas confondre : Sv (boire) et Ssv (s+Sv : abreuver, irriguer, arroser, faire boire)
Pendant masculin : z
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La consonne « t« 

itbir aetur tutut avtul
En vocabulaire : t est utilisée pour le féminin, l’action subie, la forme ussid du VB…
Ne pas confondre les NN féminins kabyles à l’état de dépendance (arbib) : tasarut-tsarut tamdtut-tmdtut, avec les noms féminins d’emprunt en t_ comme tbut, trbia, tebia, tnfxa tffah tezima dans lesquels le t de début de mot est comprimé. En kabyle il n’y a pas de lettre solaires ou lunaires !
La forme Stefu Stufu Stavn (Efu, Af, asavn) Sthi Stnji Sthozi Stv Stufu Stkosr Strge Stngi… paraît être un stigmate de l’intrusion de l’arabe.
Ne se double pas pour le même son en début et en fin de mot : deux t qui se suivent en DM ou en FM se prononcent comme deux t distincts et non comme une consonne comprimée (Ttavimt, Twimtt : vous prenez, vous l’avez pris, en parlant à des femmes)
Se comprime en to en début et fin de mot (Avito : prends-la, Touq : j’ai oublié)
Les NN féminins en t__t ne s’écrivent pas t__to : tainat tavizt taxuxt (non tainato tavizto taxuxto). amainu/tamainut ucmit/tucmit. C’est déjà assez que le féminin soit exprimé 2 fois (en début et en fin de mot).
Dans les verbes avec t__ radical (assez rare) on peut rencontrer 2 et même 3 t qui se suivent et se prononcent distinctement : Ntou, Ttoum (nous avons oublié, vous avez oublié), Nttou Tttoum (nous oublions, vous oubliez), Toiq, Ttoido Ttoiq, Tttoido (VB se retourner) : les t de DM ou de FM se prononcent toujours séparément.
– Quand 2 t se suivent (DM et FM),  le 2ème t est souvent durci.
Pendant masculin : d
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La consonne « x« 

taxuxt, abaxix
En vocabulaire, plutôt négatif : alxxax axlul axgido talaxt ixrban axabit Xnubr Xnuns Xatl Xzor Sxunzor (mauvais regard) ixan (excréments)
Pendant masculin : q (on écrit iqf et non ixf)
La CC x n’est pas modifiée par le signe diacritique « o«
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