Enseigner

Enseigner par l’exemple

L’enseignement de la langue doit être global et se faire entièrement par l’exemple, en combinant la culture, les valeurs avec la linguistique.

L’enfant doit apprendre comme dans la vie : en voyant, en imitant. Et en tirant des règles. Il s’agit d’amener l’enfant à construire lui-même « dans sa tête » les règles à partir des exemples. Il ne pourra plus par la suite oublier les règles qu’il aura lui-même édictées ! On gagne du temps, on facilite la mémorisation, et on a un enseignement harmonieux et global.

Dans les cours, les exemples ne suivent pas les règles grammaticales, ils les précèdent. On utilise les exemples non pour illustrer les règles, mais pour les créer, pour leur donner naissance. La règle devient alors une énonciation d’un mécanisme, d’une loi qu’on aura découvert dans une série d’exemples. C’est à partir des exemples, de leur observation qu’on énoncera la règle. Cette façon d’enseigner correspond au mode d’apprentissage de l’enfant dans la vie : il découvre, énonce lui-même les règles après avoir découvert et compris.

Les exemples, pour être mieux assimilés, doivent véhiculer une certaine force : éducative, civilisatrice, militante et identitaire. Ils seront pris dans la littérature de qualité : proverbes, chants, livres. Un mot ici pour souligner l’importance de traduire vers le kabyle la littérature (orale et écrite) de nos frères amazighs non kabyles. Ce n’est pas avec Jean de la Fontaine que le petit Kabyle apprendra sa langue maternelle.

Une classe dédiée

Dans les écoles une classe doit être dédiée à l’enseignement du kabyle.

Aucune inscription n’y sera tolérée dans une autre langue. Dans cette classe les enfants ne parleront qu’en kabyle.

Tout comme la mémoire auditive, la mémoire visuelle doit être mise à contribution. Aussi, au lieu de gaspiller, de laisser improductifs les murs et autres surfaces visibles dans la classe, on les exploitera comme support d’affichage. Les affiches seront conçues par des professionnels de l’enseignement. Déclinaisons, conjugaisons NN et VB, listes des exceptions, toponymie, noms des grands hommes…, l’élève doit évoluer dans un univers 100 % kabyle. Il apprendra plus facilement, et plus vite.

Apprendre à écrire

Pour apprendre l’écriture, l’élève prendra d’abord connaissance des différentes formes des lettres de l’alphabet. Des différents styles d’écriture manuelle. Il verra comment s’écrit telle et telle lettre, selon la main, selon la graphologie de chacun. Il observera l’écriture manuelle de telle personne connue, tel écrivain, et il se sentira libre d’écrire selon son penchant, son caractère, sa personnalité. Aucune forme d’écriture, aucun style ne doit être imposé à l’élève. Il s’exprimera selon ses préférences : italique, arrondie, serrée, droite, bâtarde… Il est nocif (une vraie torture !) de forcer l’enfant à calligraphier selon un style qu’on lui aura imposé.

Dès le début, il sera encouragé à épeler tout en écrivant, en composant par successions de syllabes (VV-CC).

Et, comme la grammaire kabyle est plutôt économe en signes, et que donc chaque signe a son importance, l’écriture manuelle sera lente, surtout en phase d’apprentissage.