tafaska n jnnajr

tafaska correspond au mot Pâque, fête judéo-chrétienne qui célèbre pour les uns la sortie des Hébreux d’Egypte, pour les autres la résurrection du Messie.
Elle est connue chez les Kabyles sous le terme « taeacurt n’udain« . L’occupation et la domination islamique l’ont supprimée pour la remplacer par une contrefaçon : la « eacura » de l’islam. C’est pour contourner l’interdit que les Kabyles gardent la meilleure partie du mouton de l’aïd pour taeacurt : une façon déguisée de sauvegarder la tradition de l’agneau pascal, héritée du judaïsme. Preuve s’il en est que les Kabyles n’ont pas abandonné le judaïsme de leur propre volonté, mais bien par la contrainte.
Elle (tafaska) n’a donc rien à voir avec jnnajr (yennayer), qui est le jour de l’An, et non la Pâque, qui se célèbre au printemps.
Je signale que « l’oeuf de Pâque » est aussi connu chez les Kabyles, il se dit « tamlalt n leacur« , cité par Matoub dans une de ses chansons.
Nous avons aussi cette expression « akk Nzlu i teacurt« , indice parmi d’autres que c’est pour « taeacurt n’udain » que les Kabyles sacrifiaient l’agneau. Avant l’occupation arabe.
Autre indice :
« jmma Aeacur Aeacur
Fkii cidt uhddur
am Ihrz Rbbi aqorur
am Itali f lhiudo
am-d Izwi ablludo…« 
Cette comptine, dont chaque village a sa propre version, est chantée par les enfants le jour de taeacurt. Ils vont en groupe de maison en maison, et on leur donnait des oeufs bouillis, des gateaux, des sucreries, et aussi… « ahddur » (Fkii cidt uhddur).
ahddur c’est l’azyme, le pain sans levain, le seul que les Juifs ont le droit de manger la semaine de Pâque, pour se remémorer la sortie d’Egypte. Tradition qui était donc aussi pratiquée chez les Kabyles, en bons juifs qu’ils étaient.
Dans le Sahel, c’est l’aïd al-Adha qui est appelée « tabaski« , équivalent local de « tafaska« , Pâque. Même les Touaregs du Sahel disent « tabaski« .
Ceci pour « tafaska« .
.
En ce qui concerne jnnajr, la forme du mot est assez parlante en elle-même, le mot se compose de
jn : un, unité (jivn)
ajr : ajur, mois (du moins en kabyle)
L’étymologie, si on y creuse un peu, nous emménera plus loin, si on tient compte que le parent de « ajr » de l’autre côté de la mer est : 
– year en anglais,
– Jahr en allemand,
– jaar en néerlandais…
mais signifie non pas le mois comme en kabyle, mais l’année.
La question qui se pose : jnnajr est-il le premier mois de l’année (jn+ajr) ou signifie-t-il, comme en Europe, « le jour de l’an » ?
.
Conclusion : on ne peut logiquement préparer « tafaska n jnnajr« , puisque jnnajr est une chose, tafaska une autre. CQFD.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *