Les verbes : at jivn


Nous lisons dans la capture d’écran : « amdiaz Itidirn tazouris« 
Laissons de côté les fautes d’orthographe, puisqu’en matière d’orthographe nous avons ici une écriture phonétique qui reproduit les sons et non la langue : il suffit de connaître l’alphabet pour écrire au kilomètre. Ce qu’on appelle pompeusement « tamaamrit ».
La faute ici est d’ordre sémantique. On peut connaître des mots kabyles, mais leur agencement pour faire des phrases doit obéir aux règles de… la langue kabyle. Sinon ça sera comme l’écriture, comme tamaamrit qui écrit les sons et non la langue. On risque donc d’énoncer des mots sans pour autant parler kabyle.
Le phénomène est (malheureusement) le fait non de Kabyles « illétrés », mais de lettrés. Justement. De gens qui pensent en français et qui ensuite transposent telle quelle la phrase française avec des mots kabyles. On se soucie peu des dégâts, ça fait même un peu savant, pour le lecteur. Ça amuse la galerie.
Penser un peu au type qui déchire la mer pour aller photographier le pain de ses enfants.

Bref. Où est la faute ?
J’invite d’abord le lecteur à jeter un oeil sur :
https://akerma.yo.fr/tagrrumt/la-phrase/le-complement-du-verbe/
plus spécialement à la rubrique « Verbes mono et bi-complément »
Il comprendra que le verbe « Idir » est de type mono-complément (d bu jivn), et qu’on ne peut donc lui attribuer un deuxième complément. En français on dit « intransitif ».
Seul le verbe bi-complément (bu sin), ou « transitif » peut avoir un deuxième complément, en plus de son sujet. Le verbe « bu jivn » ne peut avoir pour deuxième complément que son nom verbal (Idir tudrt n lisr).
Des verbes comme :
– Idir
– Mt
– Eic
– Dts
– Eju
– Stefu
– Asm…
sont des « at jivn« , et ne peuvent donc avec un deuxième complément.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *