L’adoption en kabyle

Comment dire « l’adoption » en kabyle ?
Commençons par le commencement : mettre au monde se dit en kabyle « Rbu« , non « Arv« , terme largement usité. La raison est que les racines kabyles en règle générale ne comportent pas de semi-voyelles (J et V). C’est l’usage exclusivement oral, conjugué au défaut de prise en charge scientifique de la langue, qui a permis le « glissement » du B vers le V, comme ça se fait pour le “K”, qui est prononcé “J”. On a pour exemple takrza>tajrza, takmust>tajmust, taqoabsivt>taqavsa tiqavsivin.
On dit donc « Trba, tmdtut« , Trba-d, qorib ad Trbu, uread Trbi…
« arbbi » désigne donc d’abord « tarva« , puis (par extension) le giron
Il faut se dire qu’en kabyle l’adoption s’exprime non comme un acte de l’adopteur, mais comme celui de l’adopté, comme l’orphelin qui cherche protection en désignant une personne comme son parent. En quelque sorte, c’est l’enfant qui adopte le parent.
C’est pour ça qu’on dit : Qli s arbbi

Même quand c’est la femme (ou l’homme) remarié qui emmène son enfant dans la maison de son nouveau conjoint, on dit « Idda d arbib« , comme on dit de la mariée « Tdda d tislit« 

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