isali, mot kabyle ?

Extrait du chapitre « moules » de mon livre « tira n tqobailit, la grammaire kabyle »

« Les noms et les verbes se déclinent de façon différente selon l’orthographe, la prononciation, l’origine… Nombreux sont ceux qui partagent la même façon de se décliner (…).
L’organisation en moules facilite l’apprentissage car il suffit de connaître les formes de déclinaison d’un mot pour savoir conjuguer les autres situés dans le même moule. On listera ainsi plus aisément les noms, les verbes dans un dictionnaire en indiquant « se décline comme… »
Chaque moule sera représenté par un « spécimen ». C’est le spécimen qui sera utilisé dans les dictionnaires.
Pour ne pas aliéner la langue avec des nouveautés non conformes avec l’architecture héritée, on fera en sorte qu’un mot nouveau (selon sa forme, son sens, l’usage en propre ou en figuré…) entre obligatoirement dans un moule déjà existant.« 

Il est donc logique, en cas de néologisme partiel (singulier ou pluriel à inventer), d’insérer d’abord le mot dans un moule déjà existant, et de déduire ensuite en tenant compte de la construction kabyle du mot, le moule facilitant le travail. On évitera ainsi de construire des corps étrangers dans la langue. Ce qui est apparemment le cas pour le terme inventé « isali » censé être le singulier du pluriel « isaln« .
Je n’ai pas encore rencontré de singulier (ni de pluriel d’ailleurs) dans le lexique kabyle avec cette construction (iC1aC2i).
J’en déduis que, jusqu’à preuve du contraire, ce nom (isali) n’est pas kabyle.
Voici quelques spécimens de pluriels en iC1aC2C3 avec leurs singuliers correspondants. 

ibavn → ibiv
iqaln → iqil
idamn → idim
irayn → iriy
isafn → asif
iqamn → aqam
idoarn → adoar
ifadnafud

Comme on le voit, aucun singulier n’est construit en iC1aC2i.

 

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